Lame de fond

29 juin 2017

LA VIE, MODE D'EMPLOI

J'avais dit que j'allais de nouveau alimenter ce blog, et finalement que dalle ! Je crois que c'est parce que mes filles ont grandi. Ce sont elles qui constituaient la matière première de mes écrits. Au départ, il s'agissait de garder une trace de leurs premières années. Puis, c'est devenu un exercice d'écriture, une façon de moins ressentir la frustration de ne pas écrire professionnellement. Mais j'ai moins de trucs rigolos à raconter à leur sujet. Elles grandissent, prennent de l'autonomie, elles n'aimeraient pas que je raconte leur vie à ma sauce.
Quant à ma vie à moi, ben, elle est pas toujours super funky, surtout ces derniers temps. Et c'est pas simple de la triturer pour en sortir de l'anecdotique plaisant. D'autant que j'ai perdu ce truc que j'avais, ce style un peu marrant qui donnait un peu de relief au quotidien. Ça reviendra peut-être, mais je doute quand même que ce soit comme le vélo…

Pour dire les choses clairement, il s'est passé un truc dur pour mes filles et moi. En quelques mois, elles ont perdu leurs deux derniers grands-parents : la mère de leur père, avec qui je m'entendais toujours très bien, et mon père. Les deux ont mis fin à leurs jours, à 83 et 80 ans. Mon ex-belle-mère était atteinte d'un Parkinson très avancé. Elle a décidé de partir en Suisse pour "subir" (je ne sais pas quel verbe utiliser) un suicide assisté. Je pense qu'elle avait encore au moins deux années de vie devant elle. Son compagnon était décédé de cette maladie quelques années auparavant. Et elle ne souhaitait pas connaître la même fin de vie.

Elle a pris cette décision à l'insu de sa famille, avec la complicité d'amis très proches. Mon père, lui, était dépressif. Je n'imaginais pas à quel point… Il s'était ouvert à des proches sur sa volonté d'en finir. Qui l'envoyaient bouler gentiment, pensant que ce n'était que des mots en l'air. Il ressassait sans cesse les mêmes problèmes. Je n'ose écrire pseudo-problèmes, mais le fait est qu'il était obsédé par des choses qui n'existaient que dans sa tête (je ne vais pas entrer dans les détails… trop compliqué). Je m'en veux évidemment de ne pas avoir compris à quel point il était désespéré… A moi, il n'avait pas osé dire qu'il songeait à mourir.

Mes filles étaient plus proches de leur grand-mère, mais la succession de ces deux tragédies a été très violente. Toutes les morts sont tragiques, mais il y a dans le suicide de proches quelque chose d'extrêmement perturbant. On s'en veut de ne rien avoir pu faire, mais on en veut aussi, d'une certaine façon, à celui ou celle qui a décidé de partir. Par moment, on ne peut s'empêcher de discerner une forme d'égoïsme, d'autant que, quelles que furent les qualités de Suzy et de mon père, ils étaient effectivement tous les deux très autocentrés.

Et puis la vie a repris son cours… Il le faut. J'ai deux filles qui comptent sur moi, c'est pas le moment de lâcher prise.
J'avais décidé, peu de temps avant la mort de mon père, de prendre un congé sans solde. J'aurais aimé m'arrêter six mois. Je n'en avais évidemment pas les moyens. J'ai donc pris des vacances non rémunérées de deux mois. Là, je termine le premier. Ça s'est fait sur un coup de tête. Je n'avais pas de projet précis. Juste faire une pause. Au boulot, c'est dur, comme pour beaucoup de gens. Le rythme est toujours plus intense. Les perspectives inexistantes. Mes collègues m'ont interrogée : "Tu vas faire un grand voyage ?" Ben non, j'ai mes filles, elles avaient cours tout le mois de juin, j'allais pas me barrer et les laisser seules à la maison !
Plus prosaïquement, je profite de ce temps libre pour faire des trucs que j'ai pas le temps de faire d'habitude, genre ranger le bordel de l'appart' en profondeur ou planifier des consultations médicales pour toute la famille. Y'a aussi toute la paperasse à mettre à jour. Et là, avec le décès de papa, je suis servie.

Mais je m'efforce aussi de faire des trucs plus sympas ! J'aurais aimé me replonger dans le bain de l'écriture… Mais rien à faire, les mots tournent en rond dans ma tête et rien ne sort. Alors, je bouquine (Mab, si tu passes par là, je te recommande chaudement "Miniaturiste" de Jessie Burton). Et je m'offre de courtes escapades, notamment en Normandie, parce que c'est près et qu'il y a la mer.

Et, surtout, je prends des photos. J'ai ouvert un compte Instagram, uniquement mue par mon esprit de compétition (pour participer à un concours, auquel je n'ai rien gagné d'ailleurs), puis finalement, j'ai pris le pli de poster une ou plusieurs photos par jour, prises avec mon iPhone. J'y prends énormément de plaisir : je regarde les choses d'un autre œil, je suis plus attentive à ce qui se passe autour de moi. Parfois, je me fixe un sujet. Je vais à Paris exprès. Ça ne donne pas grand-chose, puis, paf, au hasard du trajet de retour en métro, je tombe par hasard sur une jolie scène, et ça me fait la photo du jour.
Quand je regarde ma "moisson" le soir, il y a le plaisir de la découverte. Une image que j'espérais réussie s'avère sans intérêt. Mais une autre, qui paraissait anodine au moment de la prise de vue, se révèle plus chouette que prévu.
Je passe aussi beaucoup de temps à faire de la retouche photo. Rectifier le cadre, trouver le bon contraste, choisir de mettre en valeur un élément… je kiffe de ouf !

Je me connais, cet intérêt soudain ne durera pas plus d'une saison… Je n'ai pas une âme ou une quelconque ambition de photographe. J'ai eu le même emballement il y a six mois pour le tricot. J'ai fait des écharpes, des bonnets, puis j'ai commencé un pull. Et là, ça m'a saoulée. Ça n'avançait pas assez vite. Je me suis dit aussi que les pulls du commerce étaient mieux ajustés (je n'aime que les pulls près du corps et à col en V) et moins chers. Depuis, mon magnifique début de pull-over prend la poussière sur ma table de nuit.

Après la photo, restera à trouver un nouveau hobby un peu créatif, qui mobilisera mon attention et me permettra de transcender les contraintes et les tristesses du quodien.

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04 mars 2017

LESSIVÉE

Tu te dis : "Tiens, j'écrirais bien un truc sur Lindsey Buckingham dans mon blog !" Ou plutôt un truc sur : comment réagit-on quand on découvre qu'une de ses anciennes idoles, un artiste si talentueux (et si beau), était un sale type qui frappait sa femme… entre autres. Est-ce que ça entache son génie musical ? Est-ce qu'on peut apprécier les œuvres ou le travail de quelqu'un, tout en estimant la personne détestable ? Tout ça, tout ça…  

On est samedi, il est 10h15. Nausicaa est au lycée. Aurore prépare son sac pour aller passer son (demi-)week-end sur deux chez son père (tu la sens l'ironie sous-jacente sous l'énoncé factuel ?). J'ai fait les petits dej successifs ; vaillamment, je suis sortie sous la pluie pour déposer un chèque à la banque et acheter du pain.

Enfin, je prends le temps de faire et boire un thé. Et là, la sonnerie stridente, et répétitive, de la machine à laver…

Putain, la lessive de sous-vêtements et de chaussettes, lancée avant d'aller à la banque ! L'un des trucs que je déteste le plus au monde, avec l'andouillette et Donald Trump. Une kyrielle de bouts de tissus à regrouper par paire et à accrocher à l'étendoir. Evidemment, il y en toujours qui tombent. Là, je réalise le nombre de chaussettes qui appartiennent à Nausicaa. Et je m'interroge : Elle en fait quoi de ses chaussettes ? Elle participe à un chaussettes-challenge sur Insta : "Change tes chaussettes 8 fois par jour et poste les plus belles photos" ?  Je m'énerve toute seule devant mon étendoir et ma guirlande de chaussettes multicolores. Et j'ai plus du tout envie d'écrire sur Lindsay Buckingham. Sur rien du tout, d'ailleurs. J'ai juste envie d'aller bouquiner sous la couette en buvant du thé sucré. Je me dis que les parents ont tout le temps des trucs à la con à faire ! Genre, ça s'arrête jamais. Et ça te vide le cerveau aussi efficacement qu'une émission de Cyril Hanouna… 

Et puis, j'ai repensé à ma bonne résolution d'il y a une semaine : remets-toi à écrire ! Te laisse pas bouffer par le quotidien… 
C'est quand même pas des bouts de tissu en coton mélangé qui vont me faire taire… Et puis la prochaine fois, je laisserai Nausicaa étendre elle-même son armada de chaussettes. Ça lui fera les pieds…

Chaussettes

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01 mars 2017

L'ÉTERNEL RETOUR

Drôle d'idée de me relancer dans ce blog (c'est jamais que la troisième fois en un an…). D'autant que je ne suis plus dans le "réseau" de la blogosphère depuis un moment. Beaucoup de blogonautes que je suivais ont laissé tomber, hormis Mab, Heure-Bleue et Le Goût des Autres.
Je sais que je ne n'aurai que quelques visites. L'idée n'est donc pas tant de partager mes états d'âme avec plein de gens que de retrouver un cadre pour une pratique d'écriture plus ou moins régulière. Et remettre en mouvement ce qui me tient lieu de cerveau.
Embarquée dans un quotidien chronophage – entre travail et contraintes domestiques –, le peu de temps dont je dispose est désormais dévolu à des activités certes sympatoches, mais pas très exigeantes intellectuellement : visionnage d'émissions en replay, tricot, un peu de lecture… Evidemment, j'ai à cœur de voir mon ami, lui même très accaparé par son quotidien et ses obligations familiales.
Bref, tout ça ne laisse pas beaucoup de créneaux pour raconter mes conneries sur internet !

Je pense que c'est néanmoins un exercice salutaire. Pour se forcer à réfléchir un peu, à prendre du recul. Aussi pour garder des traces de choses vécues, ressenties… 
Quand je relis les billets publiés dans ce blog, ou dans le précédent, surtout ceux mettant en scène mes enfants, cela me replonge dans des moments importants de ma vie. D'autant que je lis entre les lignes les choses que je n'écrivais pas… 

Aujourd'hui mes filles sont plus grandes. Je me sens moins la liberté de parler d'elles… D'autant qu'elles gagnent en autonomie, nous faisons moins d'activités ensemble. Surtout avec Nausicaa, la grande, qui passe la plus grande partie de son temps libre dans son cercle d'amis. Je sais qu'elle-même est active sur les réseaux sociaux. Insta, Snapchat… On en parle, mais je n'espionne pas ses activités. Je la mets en garde, mais je ne veux pas interférer dans sa sphère personnelle. Hier, je lui ai demandé si je pouvais voir des photos qu'elle avait postées sur Instagram (elle a eu des cours de photo au lycée et elle m'avait parlé de prises de vues faites avec ses camarades). Et elle me les a montrées avec plaisir, m'a-t-il semblé.

Je sais à quel point il est précieux d'avoir un espace à soi, même virtuel. Partageant sa chambre avec sa sœur, elle ne dispose pas de cet espace "privatif" à la maison. Sa sœur non plus, du même coup (d'où conflits nombreux !).
J'essaie de lui faire confiance le plus possible. Jusqu'à présent, cette façon de faire a été payante : quand elle a eu des soucis, elle m'en a tout de suite parlé. Ça ne veut pas dire que notre relation soit idyllique (mon Dieu, t'imagines pas à quel point on se prend le chou par moments ! On a le même caractère, mélange contradictoire, et donc potentiellement explosif, d'autoritarisme… et de tolérance). Mais la relation reste ancrée sur le dialogue. Pourvou que ça doure…

Anniv

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21 février 2017

CONFIDENCES SUR L'OREILLER

Même dans tes rêves les plus fous, t’imagines pas à quel point ma vie est passionnante. Tiens, là, présentement, je suis en quête d'un oreiller. Waooouh, trop funky !

C'est toujours comme ça. J'ai des pulsions d'achat incoercibles. Un exemple au hasard : à un moment je réalise que je n'ai pas de trench-coat. Parce que j'ai vu un film ou une photo avec une meuf trop classe en trench-coat. Et je me dis : "Mais comment ai-je pu vivre sans trench-coat jusqu'à aujourd'hui ?" C'est vrai, ça, comment ai-je pu vivre sans trench-coat jusqu'à aujourd'hui. Truc de ouf.
Alors, je me mets à chercher le trench-coat ultime. Celui qui me rendra élégante, me fera une silhouette de rêve. Je consulte 200 sites, je vais dans 12 magasins. Et soit je trouve le trench-coat absolu. Et je l'achète, et je découvre que le trench-coat, ça va pas à tout le monde… Soit je trouve pas le trench-coat et, au bout de quelques semaines, je passe à autre chose, et je comprends même pas pourquoi j'étais obsédée par cette histoire de trench-coat. D'autant que ça va pas à tout le monde. Bref, à l'arrivée, j'arrive à la même conclusion, sauf que j'ai économisé 100 euros dans le second cas. 
Ça marchera pareil pour un sac à main de telle ou telle forme ("mais comment ai-je pu vivre sans un sac seau ?"), une paire de chaussures comme ci ou comme ça…


TOUS LES ACARIENS, TOUTES LES ACARIENNES !

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Et là, c'est une histoire d'oreiller qui me prend la tête. Cette fois, ce n'est pas parti de la photo d'une meuf avec un oreiller troooop classe, mais d'un papier dans "Libé". Papier qui reprenait une info d'un livre du Dr Saldmann, selon laquelle, “au bout de deux ans, 10 % du poids d'un oreiller sont représentés par des acariens morts ou des déjections d'acariens”. Argh… Je dors sur des cadavres et du caca d'acariens. Je ne sais même pas quel âge a mon oreiller. Je le surkiffe ! Il est épais, moelleux à souhait. Il a plusieurs années, c'est sûr. Combien ? Je sais pas. C'est plus qu'un oreiller, c'est un doudou. Je le prête à personne. Même à mes filles, même à mon chéri. J'en avais acheté un autre, mais je ne l'ai jamais adopté.
Si ça se trouve son poids est représenté par 100 % de caca d'acariens ! Euh non, ça c'est pas possible. Mais bon, quand même, moi qui suis chochotte puissance 22, l'idée de poser ma tête sur de la merde d'horribles bestioles microscopiques ça me retourne l'estomac (je te mets pas de photo, toi aussi tu irais vomir ton quatre-heures direct). 

DES OREILLERS PAR MILLIERS

Alors hier, je suis allée chez But pour tâter de l'oreiller. Et là, perdue dans un rayon grand comme deux terrains de football, j'ai eu la confirmation que l'oreiller était devenu un produit high-tech. Les fibres machin-truc à mémoire de forme, les traitements anti-acariens et antimicrobiens (mais combien de temps ça dure ? Ça c'est pas marqué sur l'emballage !), les moelleux, les fermes et les médiums (ils prédisent l'avenir ?), et dans la série j'invente des mots, tu as le "physio-oreiller, une kiné-création". Je te passe ceux en synthétique, en duvet, en plumes… tu connais. Il y a aussi ceux pour dormir sur le côté et ceux pour dormir sur le dos. Et quand tu te tournes pendant la nuit, il se passe quoi ? Tu appelles le SAV de But pour qu'il change ton oreiller pendant ton sommeil ?

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Il y en même qui s'appelle "Eros". Il est vibrant ? C'est du sexe à piles ?
Manque plus que l'oreiller qui te fait la lecture pour t'endormir et qui te prépare le café le matin.

Bref, j'ai tâté, tâté, mais rien qui ressemble à mon oreiller bien-aimé. Ma quête du Saint Oreiller se poursuit donc… Et là, impossible d'acheter en ligne ou de renoncer. Il me faudra juger sur pièce et trouver la perle rare. Je vais peut-être aller faire brûler un cierge à sainte Rita…

 




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29 juillet 2016

LA GRANDE BOUFFE

Telle que tu me vois, présentement, je reviens de vacances. Du sud de la Sardaigne, plus précisément. Ouais, t'as raison d'être jaloux/se : c'était top ! Enfin, si tu aimes le soleil, le ciel bleu, les plages sublimes, la pasta, le poisson, les tomates goûteuses, la mozzarella, la ricotta et le limoncello… Sinon, t'as qu'à aller dans le Doubs ! (Nan, je déconne, c'est très joli le Doubs… Enfin, je suppose.)
J'ai snobé l'Italie des décennies durant et, en un an et demi, j'y suis allée six fois… Certes, j'ai du mal avec leur conception fantaisiste des files d'attente et du Code de la route, mais pour le reste, je trouve ce pays et ses habitants tout à fait plaisants. Surtout, je me dis qu'un endroit où on fait si bien la bouffe ne peut pas être complètement mauvais. 

Dans ce domaine, comme dans d'autres, La France se repose sur une réputation dépassée : la proportion de restaus qui servent du sous-vide chez nous est indécente. Pauvres touristes qui débarquent à Paris et filent direct chez Chartier en pensant consommer de la vraie cuisine parisienne ! Alors qu'en Italie, la moindre gargotte – ou quasi – te propose du fait-maison plein de saveurs. Souvent des plats simples, mais délectables. Et les Italiens ne sont pas plus grassouillets que les Français (je parle pas des touristes qui, eux, prennent facilement 2 kilos par semaine de vacances… Donc, sache-le, tu ne verras pas de photo de moi ici en maillot de bain. Comment ça, tant mieux !).

Je te parle de bouffe, et c'était pas du tout le sujet que je voulais aborder à la base… Comme quoi… Pas grave, on a tout le temps. On est bien là, à la fraîche (mais c'est quoi ce temps en France ! J'ai franchi une faille spatio-temporelle en prenant l'avion et j'ai atterri direct en octobre ?)

 

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Oignons sardes : T'as vu la taille !

 

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En Italie, Aurore se nourrit esssentiellement de pâtes à la tomate et de tomates sans pâtes…

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… et de gelati !

Deux petites dernières pour la route…

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